Mis à jour le 2 octobre 2026 — Temps de lecture : 8 min
Réponse rapide
Une ETI occupe moins de 5 000 personnes et réalise un chiffre d'affaires n'excédant pas 1,5 Md€ ou un total de bilan n'excédant pas 2 Md€, sans être une PME (décret 2008-1354, art. 3). Depuis le 1er septembre 2026, elle doit émettre et recevoir ses factures B2B sous forme électronique via une plateforme agréée, et transmettre ses données d'e-reporting.
Les entreprises de taille intermédiaire font partie de la première vague de la réforme, avec les grandes entreprises. L'échéance est passée : pour une ETI, la question n'est plus de planifier mais de vérifier que tous les flux sont couverts — factures émises, factures reçues, données d'e-reporting — et que chaque SIREN du groupe est bien rattaché à une plateforme agréée.
Les catégories d'entreprises sont fixées par l'article 3 du décret n° 2008-1354. Une ETI est une entreprise qui n'est pas une PME et qui remplit deux conditions cumulatives :
Le piège classique est de lire ces critères comme une liste de « OU ». Ils ne fonctionnent pas ainsi : l'effectif se cumule avec l'un des deux critères financiers. Pour mémoire, une PME occupe moins de 250 personnes et a un CA n'excédant pas 50 M€ ou un bilan n'excédant pas 43 M€ (même article).
| Situation | Catégorie |
|---|---|
| 400 salariés, CA 30 M€, bilan 20 M€ | ETI (l'effectif dépasse 250 : ce n'est plus une PME) |
| 180 salariés, CA 70 M€, bilan 50 M€ | ETI (CA et bilan dépassent tous deux les seuils PME) |
| 180 salariés, CA 70 M€, bilan 30 M€ | PME (le bilan reste sous 43 M€) |
| 3 000 salariés, CA 1,8 Md€, bilan 1,2 Md€ | ETI (le bilan reste sous 2 Md€) |
Selon la foire aux questions de la DGFiP (version du 1er septembre 2026), la taille s'apprécie au 1er janvier 2025, sur la base du dernier exercice clos avant cette date (à défaut, du premier exercice clos à compter de cette date). L'entreprise retenue est l'unité légale, identifiée par son SIREN : dans un groupe, chaque société est classée individuellement. Une filiale de 300 salariés d'un grand groupe est donc une ETI pour la réforme, pas une grande entreprise.
| Obligation | ETI | PME et micro-entreprises |
|---|---|---|
| Réception des factures électroniques | 1er sept. 2026 | 1er sept. 2026 |
| Émission des factures électroniques | 1er sept. 2026 | 1er sept. 2027 |
| E-reporting (données de transaction et de paiement) | 1er sept. 2026 | 1er sept. 2027 |
Source : impots.gouv.fr, fiche 1 « Que va-t-il se passer pour mon entreprise ? ». Toutes les échéances sont reprises dans notre guide de la réforme 2026.
Les règles sont les mêmes que pour une PME. Ce qui change, c'est l'organisation à couvrir :
L'e-reporting couvre les données que la facture électronique entre entreprises établies en France ne transporte pas :
La DGFiP précise que la fréquence de transmission dépend du régime d'imposition à la TVA de l'entreprise. Le détail est dans notre article sur l'e-reporting.
Le portail public de facturation n'émet ni ne reçoit de factures entre entreprises : depuis le recentrage annoncé en octobre 2024, il tient l'annuaire des destinataires et concentre les données transmises à l'administration (voir notre mode d'emploi du PPF). Il n'y a donc pas d'arbitrage « portail public ou plateforme privée » : toute ETI passe par une plateforme agréée, directement ou au travers d'une solution compatible.
Pour comparer les plateformes, partez de la liste officielle tenue par la DGFiP, puis vérifiez les points propres à une ETI : rattachement de plusieurs SIREN, connecteurs vers vos ERP, gestion des statuts, couverture de l'e-reporting. Notre annuaire des plateformes et le guide comment choisir sa plateforme détaillent la méthode.
D'après la FAQ de la DGFiP, une facture non émise sous forme électronique expose à une amende forfaitaire de 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile ; la première infraction n'est pas sanctionnée. Une entreprise qui n'a pas choisi de plateforme de réception encourt 500 € trois mois après une mise en demeure, puis 1 000 € par nouvelle période de trois mois sans régularisation. Le détail figure dans notre page sanctions.
Non. Contrairement aux PME et micro-entreprises, qui émettent en électronique à partir du 1er septembre 2027, les ETI doivent émettre et recevoir leurs factures électroniques depuis le 1er septembre 2026, comme les grandes entreprises.
Oui. Avec 250 personnes ou plus, elle n'est plus une PME, quel que soit son chiffre d'affaires. Comme elle reste sous 5 000 personnes et sous 1,5 Md€ de CA, c'est une ETI (décret 2008-1354, art. 3).
Non. La taille s'apprécie au 1er janvier 2025, sur le dernier exercice clos avant cette date, selon la FAQ de la DGFiP. Une croissance constatée sur un exercice ultérieur ne modifie pas la catégorie retenue pour la réforme.
Non. La DGFiP retient l'unité légale, identifiée par son SIREN. Chaque société du groupe est classée individuellement : une filiale peut être une PME alors que la société mère est une ETI ou une grande entreprise.
Non. Le portail public ne transmet pas les factures entre entreprises : il gère l'annuaire et concentre les données fiscales. L'émission et la réception passent obligatoirement par une plateforme agréée, directement ou via une solution compatible.
La DGFiP indique une amende forfaitaire de 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile, la première infraction n'étant pas sanctionnée. L'absence de plateforme de réception expose à 500 € après mise en demeure.
Sources officielles