Le e-reporting est l'obligation de transmettre à l'administration fiscale les données de transaction qui ne font pas l'objet d'une facture électronique B2B domestique. Il concerne les ventes B2C (aux particuliers), les ventes à l'international et les ventes avec des opérateurs non établis en France. Contrairement à la facturation électronique qui porte sur les factures B2B entre entreprises françaises, le e-reporting couvre tout le reste. L'objectif : donner au fisc une vision complète de l'activité économique pour le pré-remplissage des déclarations de TVA.
C'est la confusion la plus fréquente. Clarifions :
| Critère | E-invoicing (facturation électronique) | E-reporting |
|---|---|---|
| Transactions concernées | B2B domestique (France-France) | B2C, international, non-assujettis |
| Ce qui est transmis | La facture complète (PDF/XML) | Des données de transaction agrégées |
| Destinataire | Client + administration (via PDP/PPF) | Administration fiscale uniquement |
| Fréquence | À chaque facture émise | Périodique (mensuelle ou bimensuelle) |
| Format | UBL, CII, Factur-X | Flux de données structurées |
| Canal | PDP ou PPF | PDP ou PPF |
Toute entreprise assujettie à la TVA en France qui réalise des opérations non couvertes par le e-invoicing. Concrètement :
Si 100% de vos ventes sont du B2B domestique, vous n'avez pas de e-reporting à faire — tout passe par la facturation électronique. Mais la plupart des entreprises ont au moins une part de B2C ou d'export.
Le e-reporting ne transmet pas les factures elles-mêmes, mais des données agrégées sur les transactions. Deux types de flux existent :
Flux de données de transaction : pour les opérations B2C, vous transmettez la date, le montant HT, le taux de TVA, le montant TTC, et la catégorie d'opération. Pas besoin d'identifier le client particulier.
Flux de données de paiement : complémentaire au flux de transaction, il concerne les encaissements effectifs. Il permet au fisc de rapprocher les ventes déclarées avec les paiements réellement perçus.
Le e-reporting suit le même calendrier que la facturation électronique :
La fréquence de transmission dépend de votre régime de TVA : mensuelle pour les entreprises au régime réel normal, bimensuelle pour celles au régime simplifié.
Vous ne transmettez pas le e-reporting vous-même à la DGFiP. Vous passez par votre PDP (plateforme de dématérialisation partenaire) ou directement par le PPF (portail public). La plupart des logiciels de caisse et de facturation intègreront cette fonctionnalité automatiquement.
Pour les commerçants, le flux est typiquement : caisse enregistreuse → logiciel de gestion → PDP → administration fiscale. Le e-reporting est automatisé, vous n'avez pas à remplir manuellement un formulaire.
Le non-respect des obligations de e-reporting expose à des amendes :
Point clé : le e-reporting n'est pas une deuxième réforme — c'est le complément de la facturation électronique. Ensemble, ils donnent à l'administration fiscale une vue à 360° de l'activité économique. Votre PDP gère les deux flux. Assurez-vous simplement que votre logiciel de caisse est compatible.
Oui, même les auto-entrepreneurs en franchise de TVA sont concernés. Ils devront transmettre les données de leurs ventes B2C via le e-reporting à partir de septembre 2027.
Non, le e-reporting transmet des données agrégées par période (jour ou mois selon le régime). Vous n'envoyez pas chaque ticket individuellement, mais un récapitulatif structuré des ventes par taux de TVA.
Les principaux éditeurs de logiciels de caisse (Lightspeed, SumUp, Zettle, Tiller, Addictgroup) ont annoncé leur mise en conformité. Vérifiez auprès de votre éditeur qu'une mise à jour est prévue avant la date d'obligation.
Oui. Si vous vendez en B2C via une marketplace, les données doivent être transmises via e-reporting. La marketplace peut transmettre certaines données pour votre compte, mais vérifiez les conditions avec votre plateforme.
L'administration fiscale reçoit des données agrégées : montants, taux de TVA, catégories d'opérations. Elle ne reçoit pas le détail des produits vendus ni l'identité des clients particuliers. Le secret des affaires est préservé.