La facture électronique n'est pas un PDF envoyé par email — ce format ne sera plus accepté comme facture électronique conforme après la période de transition. Une vraie facture électronique au sens de la réforme française est un document structuré, émis dans l'un des formats standardisés suivants :
Ces formats sont lisibles par machine, permettant l'automatisation du traitement comptable chez l'émetteur comme chez le récepteur. Le PDF simple est toléré pendant une période transitoire, mais il ne constitue pas une "facture électronique" conforme au sens de la réforme.
La réforme française crée un écosystème à deux niveaux :
Le projet initial prévoyait un portail public capable de déposer et recevoir gratuitement les factures B2B. Ce n'est plus le schéma retenu : le communiqué du ministère de l'Économie du 15 octobre 2024 recentre le portail public sur un annuaire des destinataires et un concentrateur de données, et impots.gouv.fr indique que les entreprises assujetties « devront recourir aux services d'une plateforme agréée pour transmettre et recevoir leurs factures électroniques ». Concrètement, une PME n'a donc pas à choisir entre le public et le privé : elle doit être raccordée à une plateforme agréée, gratuite ou payante selon l'offre.
Les PDP sont des opérateurs privés immatriculés par la DGFIP pour transmettre les factures électroniques entre entreprises, tout en transmettant les données de facturation à l'administration fiscale (e-reporting). Une trentaine de PDP sont immatriculées ou en cours d'immatriculation en 2026 : Sage, Cegid, Pennylane, Chorus Pro (service public), Yooz, Cegedim, etc.
Pour les PME avec des volumes significatifs ou un ERP existant, une PDP connectée à votre logiciel de comptabilité est généralement plus efficace que le PPF.
| Date | Obligation | Entreprises concernées |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Réception obligatoire de factures électroniques | TOUTES les entreprises assujetties TVA |
| 1er septembre 2026 | Émission obligatoire | Grandes entreprises (CA > 1,5 Md€ ou 5 000 salariés) |
| 1er septembre 2026 | Émission obligatoire | ETI (250-4 999 salariés) |
| 1er septembre 2027 | Émission obligatoire | PME et TPE (moins de 250 salariés) |
La réforme ne se limite pas aux transactions B2B. L'e-reporting impose aux entreprises de transmettre à l'administration fiscale les données de leurs transactions B2C (ventes aux particuliers) et des opérations internationales — sans exiger que le client reçoive une facture électronique structurée. Ce dispositif permet à la DGFIP de pré-remplir vos déclarations de TVA.
En pratique, l'e-reporting remonte : le montant des transactions, la TVA collectée, la date et la nature de l'opération. La fréquence de transmission varie selon votre régime de TVA (mensuel ou trimestriel).
Le non-respect de l'obligation d'émission de factures électroniques entraîne une amende de 50 € par facture, dans la limite de 15 000 € par an (article 1737, III du CGI). Le non-respect de l'obligation d'e-reporting est sanctionné d'une amende de 250 € par transmission manquante, dans la limite de 15 000 € par an.
Ces sanctions s'accumulent — une PME émettant 100 factures par mois sans se conformer accumulerait 5 000 € d'amendes par mois et atteindrait le plafond annuel de 15 000 € en trois mois.
Pour aller plus loin : notre guide complet sur la facturation électronique 2026, le guide Chorus Pro pour les nuls, et notre comparatif des opérateurs de dématérialisation.