La réforme française de la facturation électronique, fondée sur l'article 91 de la loi de finances rectificative 2022 et précisée par l'ordonnance n° 2021-1190, a un périmètre précis : les transactions domestiques B2B entre assujettis à la TVA.
Un particulier n'est pas assujetti à la TVA. Il ne peut donc pas recevoir, dans ce sens légal, une "facture électronique structurée". La réforme n'a aucune obligation à lui imposer en matière de format de facture. Vous continuez à émettre des factures PDF, papier ou dans n'importe quel format vis-à-vis de vos clients particuliers — sans contrainte réglementaire de format électronique structuré.
Ce point est souvent source de confusion parce que la réforme parle d'"obligation d'émettre des factures électroniques" sans préciser immédiatement que cette obligation est cantonnée au B2B. Les PME à clientèle mixte (ex : une agence web qui facture des entreprises ET des particuliers) ont donc deux régimes différents selon le destinataire.
Ne pas confondre facturation électronique et e-reporting. Ce sont deux obligations distinctes :
| Obligation | Concerne | Format client | Ce que vous transmettez |
|---|---|---|---|
| Facturation électronique | B2B uniquement (entre assujettis TVA) | Factur-X, UBL 2.1 ou CII via PDP/PPF | La facture structurée à votre client entreprise |
| E-reporting | B2C + opérations internationales | Facture dans tout format (PDF, papier, etc.) | Données agrégées à la DGFIP (montant, TVA, date) |
L'e-reporting B2C est l'obligation de transmettre à la DGFIP, via une PDP ou le PPF, les données synthétiques de vos transactions avec des particuliers : montant HT, TVA collectée, date. Vous ne transmettez pas la facture elle-même, mais des données agrégées permettant à l'administration de pré-remplir vos déclarations de TVA.
Concrètement, un prestataire de services (avocat, architecte, agence de communication) qui facture à la fois des entreprises et des particuliers devra :
| Date | Obligation | Entreprises concernées |
|---|---|---|
| 1er sept. 2026 | Réception factures électroniques B2B | Toutes les entreprises assujetties TVA |
| 1er sept. 2026 | Émission factures électroniques B2B | Grandes entreprises + ETI |
| 1er sept. 2026 | E-reporting B2C + international | Grandes entreprises + ETI |
| 1er sept. 2027 | Émission factures électroniques B2B | PME, TPE, micro-entreprises |
| 1er sept. 2027 | E-reporting B2C + international | PME, TPE, micro-entreprises |
Point de vigilance pour les PME mixte B2B/B2C : même si vous n'émettez pas encore de factures électroniques structurées (deadline PME = 1er sept. 2027), vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques de vos fournisseurs dès le 1er septembre 2026. Paramétrez votre boîte de réception PDP ou PPF avant cette date.
Une graphiste auto-entrepreneur facture 70 % d'entreprises (B2B) et 30 % de particuliers (B2C). À partir du 1er septembre 2027 :
Un distributeur de matériaux bricole 40 % en B2C (grand public) et 60 % en B2B (artisans, entreprises). La caisse enregistreuse continue à émettre des tickets/factures simplifiées pour les particuliers. Pour les artisans (assujettis TVA), les factures passent via la PDP à partir du 1er septembre 2027. L'e-reporting agrège les montants B2C pour la DGFIP.
Les professions libérales non-TVA (médecins en franchise de TVA, par exemple) sont hors périmètre de la réforme B2B. Les avocats et architectes qui facturent des particuliers continuent en format libre. Ceux qui facturent des entreprises (assujettis TVA) sont concernés par la réforme pour ces seules transactions.
Même si l'obligation d'émission ne concerne les PME qu'à partir de septembre 2027, trois actions sont à anticiper :
Pour choisir votre plateforme, consultez notre annuaire des PDP immatriculées 2026. Pour comprendre l'e-reporting en détail, voir notre article e-reporting facturation électronique. Si vous êtes auto-entrepreneur, notre guide facturation électronique auto-entrepreneur 2026 couvre toutes vos obligations spécifiques.