La réforme française de la facturation électronique, issue de l'ordonnance n° 2021-1190 et dont le calendrier a été fixé par l'article 91 de la loi de finances pour 2024 (n° 2023-1322), a un périmètre précis pour l'obligation de facture électronique : les opérations entre assujettis à la TVA établis en France.
Un particulier n'est pas assujetti à la TVA. Il ne peut donc pas recevoir, dans ce sens légal, une "facture électronique structurée". La réforme n'a aucune obligation à lui imposer en matière de format de facture. Vous continuez à émettre des factures PDF, papier ou dans n'importe quel format vis-à-vis de vos clients particuliers — sans contrainte réglementaire de format électronique structuré.
Ce point est souvent source de confusion parce que la réforme parle d'"obligation d'émettre des factures électroniques" sans préciser immédiatement que cette obligation est cantonnée au B2B. Les PME à clientèle mixte (ex : une agence web qui facture des entreprises ET des particuliers) ont donc deux régimes différents selon le destinataire.
Ne pas confondre facturation électronique et e-reporting. Ce sont deux obligations distinctes :
| Obligation | Concerne | Format client | Ce que vous transmettez |
|---|---|---|---|
| Facturation électronique | B2B uniquement (entre assujettis TVA) | Factur-X, UBL 2.1 ou CII via une plateforme agréée | La facture structurée à votre client entreprise |
| E-reporting | B2C + opérations internationales | Facture dans tout format (PDF, papier, etc.) | Données de transaction à l'administration, via votre plateforme agréée (pour le B2C : montant total des opérations par jour) |
L'e-reporting B2C est l'obligation de transmettre à l'administration, par l'intermédiaire de votre plateforme agréée, les données de vos opérations avec des non-assujettis (particuliers, associations) : le montant total des opérations réalisées par jour, sur une période définie (FAQ DGFiP, q. 3.3). Vous ne transmettez pas la facture elle-même. Ces données doivent permettre, à terme, le pré-remplissage des déclarations de TVA.
Concrètement, un prestataire de services (avocat, architecte, agence de communication) qui facture à la fois des entreprises et des particuliers devra :
| Date | Obligation | Entreprises concernées |
|---|---|---|
| 1er sept. 2026 | Réception factures électroniques B2B | Toutes les entreprises assujetties TVA |
| 1er sept. 2026 | Émission factures électroniques B2B | Grandes entreprises + ETI |
| 1er sept. 2026 | E-reporting B2C + international | Grandes entreprises + ETI |
| 1er sept. 2027 | Émission factures électroniques B2B | PME, TPE, micro-entreprises |
| 1er sept. 2027 | E-reporting B2C + international | PME, TPE, micro-entreprises |
Point de vigilance pour les PME mixte B2B/B2C : même si vous n'émettez pas encore de factures électroniques structurées (échéance PME : 1er sept. 2027), vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques de vos fournisseurs depuis le 1er septembre 2026. Si ce n'est pas fait, choisissez dès maintenant votre plateforme agréée de réception.
Une graphiste auto-entrepreneur facture 70 % d'entreprises (B2B) et 30 % de particuliers (B2C). À partir du 1er septembre 2027 :
Un distributeur de matériaux bricole 40 % en B2C (grand public) et 60 % en B2B (artisans, entreprises). La caisse enregistreuse continue à émettre des tickets/factures simplifiées pour les particuliers. Pour les artisans (assujettis TVA), les factures passent via la PDP à partir du 1er septembre 2027. L'e-reporting agrège les montants B2C pour la DGFIP.
Les prestations exonérées de TVA au titre des articles 261 à 261 E du CGI (soins dispensés par les professions de santé, par exemple) sont hors du champ de la facturation électronique comme du e-reporting. Les avocats et architectes qui facturent des particuliers continuent en format libre. Ceux qui facturent des entreprises (assujettis TVA) sont concernés par la réforme pour ces seules transactions.
Même si l'obligation d'émission ne concerne les PME qu'à partir de septembre 2027, trois actions sont à anticiper :
Pour choisir votre plateforme, consultez notre annuaire des PDP immatriculées 2026. Pour comprendre l'e-reporting en détail, voir notre article e-reporting facturation électronique. Si vous êtes auto-entrepreneur, notre guide facturation électronique auto-entrepreneur 2026 couvre toutes vos obligations spécifiques.
Non. La facturation électronique concerne les opérations entre assujettis à la TVA établis en France. Les factures aux particuliers restent dans le format habituel (PDF, papier). Les ventes B2C entrent en revanche dans le e-reporting : depuis le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, au 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.
C'est la transmission à l'administration, par l'intermédiaire de votre plateforme agréée, des données de vos opérations avec des non-assujettis : montant total des opérations par jour, sur une période donnée. Vous ne transmettez pas les factures elles-mêmes. La fréquence dépend du régime de TVA : trois fois par mois au réel normal mensuel, tous les deux mois en franchise en base (FAQ DGFiP, q. 3.3).
Oui. Pour les clients assujettis établis en France, factures électroniques émises via une plateforme agréée à partir du 1er septembre 2027 pour une PME. Pour les clients particuliers, format habituel, et transmission des données B2C (e-reporting) à la même date. Une même plateforme agréée peut gérer les deux flux.
Oui, au titre du e-reporting, s'ils réalisent des opérations soumises à la TVA ou en franchise en base : l'administration cite la franchise en base en exemple, avec une transmission tous les deux mois. S'ils ont aussi des clients assujettis établis en France, ils émettront des factures électroniques pour ces clients à partir du 1er septembre 2027. Les activités exonérées au titre des articles 261 à 261 E du CGI sont hors champ.