Le secteur du transport et de la logistique fait face a des obligations specifiques pour la facturation electronique au 1er septembre 2026. Entre l'autoliquidation de TVA intracommunautaire, les lettres de voiture CMR, les operations internationales et les multiples sous-traitants, ce secteur est l'un des plus complexes a digitaliser. Voici comment vous preparer concretement.
Le transport routier, maritime, aerien et la logistique ont un point commun : les flux sont rarement purement nationaux. Un transporteur francais qui livre en Allemagne pour un client belge doit gerer trois regimes de TVA differents. Ajoutez la sous-traitance en cascade (affreteurs, sous-traitants, groupeurs) et vous obtenez un echeveau documentaire considerable.
La lettre de voiture CMR (Convention relative au contrat de transport international de Marchandises par Route) n'est pas une facture, mais elle est intimement liee a la facturation — elle sert de preuve de la prestation realisee. La facturation electronique devra s'articuler avec ces documents transport sans creer de doublons ni de ruptures dans la chaine documentaire.
| Specificite | Impact facturation | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Autoliquidation TVA | Livraisons/prestations intracommunautaires | Mention obligatoire + DEB/DES |
| Sous-traitance transport | Affreteurs, sous-traitants, groupeurs | Chaine de facturation en cascade |
| CMR / lettre de voiture | Document transport lie a la facture | Pas une facture mais preuve de prestation |
| Gasoil professionnel | Recuperation TVA sur carburant, factures stations | Factures cartes petrolieres = B2B electronique |
| Peages | Factures mensuelles telepeage (Vinci, APRR) | Reception electronique obligatoire |
| Operations hors UE | Exportations exonerees, transit douanier | E-reporting pour les operations hors champ |
Une entreprise de transport de taille moyenne genere entre 200 et 2 000 factures par mois, entre les prestations clients, la sous-traitance et les frais operationnels :
Les TMS (Transport Management Systems) comme Akanea, DDS Logistics ou Alpega sont en cours d'adaptation. Pour les petits transporteurs sans TMS, des solutions generiques avec module transport existent. L'essentiel est que votre solution gere les surcharges carburant, l'autoliquidation et les pieces jointes (CMR, bons de livraison).
Premier piege : oublier les factures de carburant et peages. Ce sont des flux B2B entrants a volume eleve que vous devrez recevoir electroniquement. Deuxieme piege : mal gerer l'autoliquidation intracommunautaire. Une erreur de codification dans le flux electronique peut declencher un redressement TVA. Troisieme piege : ignorer le e-reporting pour les operations hors UE — meme si la facture ne transite pas par la PDP, les donnees doivent etre declarees.
Pour comprendre le cadre general, consultez notre guide sur la reforme 2026 et le calendrier des echeances.
A retenir : Le transport cumule sous-traitance, international et volumes eleves. Anticipez en verifiant la compatibilite de votre TMS et en parametrant correctement l'autoliquidation TVA.
La CMR n'est pas une facture et n'entre pas dans le perimetre de la reforme de facturation electronique. Cependant, sa version electronique (e-CMR) se developpe en parallele. Votre PDP doit idealement permettre de joindre la CMR en piece associee a la facture.
Vous emettez une facture HT avec la mention « Exoneration de TVA, article 262 ter I du CGI » et le numero de TVA intracommunautaire du client. La PDP transmet cette facture avec le code TVA correct. Le client autoliquide la TVA dans son pays.
Oui. Les surcharges carburant (ou surcharges gasoil) font partie integrante du prix de la prestation et doivent apparaitre comme ligne distincte sur la facture electronique, avec le meme taux de TVA que la prestation principale.
Decouvrez aussi nos guides pour le BTP, l'import/export et le e-commerce.