Les entreprises d'import-export font face a des obligations specifiques pour la facturation electronique au 1er septembre 2026. La complexite vient de la coexistence de plusieurs regimes : operations intracommunautaires avec autoliquidation, exportations exonerees, importations avec TVA a l'importation, et documents douaniers (DAU, EUR.1). La facturation electronique ne couvre que les transactions domestiques B2B — mais le e-reporting etend l'obligation aux operations internationales.
Point fondamental : la facturation electronique via PDP concerne les transactions entre assujettis etablis en France. Vos factures d'exportation vers un client americain ou vos achats chez un fournisseur chinois ne transitent pas par la PDP. Mais — et c'est la subtilite — ces operations doivent faire l'objet d'un e-reporting aupres de l'administration fiscale.
En pratique, une entreprise d'import-export gere trois circuits simultanement : (1) facturation electronique B2B domestique via PDP, (2) e-reporting des operations internationales, (3) declarations douanieres. Ces trois circuits doivent etre coherents entre eux — c'est la le vrai defi.
| Specificite | Impact facturation | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Exportations | Exonerees de TVA (art. 262 I CGI) | E-reporting obligatoire, preuve d'exportation |
| Importations | TVA a l'importation autoliquidee depuis 2022 | Declaration CA3, pas de facture classique |
| Intracommunautaire | Autoliquidation TVA, DEB obligatoire | E-reporting + numero TVA intracommunautaire |
| Incoterms | Determinent qui supporte les frais et risques | Impact sur le montant facture et la TVA |
| Documents douaniers | DAU, EUR.1, certificats d'origine | Pas des factures mais lies a la facturation |
| Multi-devises | Factures en USD, GBP, CHF courant | Conversion en EUR obligatoire pour la TVA |
Une entreprise import-export de taille moyenne gere entre 100 et 1 000 factures par mois, reparties sur plusieurs circuits :
Premier piege : croire que les operations internationales echappent a la reforme. Le e-reporting couvre toutes les operations, y compris l'international. Deuxieme piege : oublier les transitaires et commissionnaires en douane — leurs factures sont des B2B France qui passent par la PDP. Troisieme piege : des ecarts entre les valeurs declarees en douane et les montants factures. L'administration croise desormais les donnees douanieres et fiscales.
Et ne negligez pas les incoterms : un CIF (couts, assurance et fret inclus) et un FOB (franco a bord) ne generent pas les memes montants sur la facture. L'incoterm doit figurer clairement pour eviter les litiges et les erreurs de TVA.
Consultez le calendrier de la reforme et le guide complet de la reforme 2026.
A retenir : L'import-export gere trois circuits simultanement (PDP domestique, e-reporting international, douanes). La coherence entre ces trois circuits est votre priorite numero un.
Non. Les factures d'exportation vers des clients hors France ne transitent pas par une PDP. En revanche, elles doivent faire l'objet d'un e-reporting : vous devez transmettre les donnees de ces transactions a l'administration fiscale via votre PDP ou le portail public.
Depuis janvier 2022, la TVA a l'importation est autoliquidee sur la declaration CA3 (ligne A4). Il n'y a pas de facture classique pour cette TVA — c'est une ecriture comptable basee sur le document douanier. Le e-reporting transmet ces donnees a l'administration.
Oui, vous pouvez facturer en devises etrangeres. Mais pour les besoins de la TVA et du e-reporting, le montant doit etre converti en euros selon le taux de change du jour de l'operation (ou le taux BCE du mois precedent). Cette conversion doit figurer sur la facture.
Decouvrez aussi nos guides pour le transport et logistique, le e-commerce et le commerce de detail.